14/10/2010

Mon intervention en séance plénière à la Chambre

Rentrée parlementaire de la Chambre des Représentants

Verbatim de l’allocution du député Laurent LOUIS

14 octobre 2010


Monsieur le Président, Chers collègues.

 

IMG_3826.JPGCela fait 123 jours que notre pays se cherche, en vain, un nouveau gouvernement. Il n’y a vraiment pas de quoi être fiers.

Ainsi, cet après-midi, je voudrais, en ma qualité de représentant du peuple, vous faire part de mon indignation, indignation partagée par de nombreux citoyens belges.

Cela fait 123 jours que quelques élus, portés par des intérêts particratiques, se réunissent en toute discrétion, dans un véritable huis clos - où, on le sait, l’enfer c’est toujours les autres - pour décider, seuls, de l’avenir de plus de 10 millions de Belges.

Ne voyez vous pas qu’il s’agit là d’un déni total de démocratie et d’un manque de respect envers la population que vous représentez!

Nous devons mettre un terme à cette mascarade. Quand va-t-on enfin consulter la population sur le sort de la Belgique?

Il ne vous appartient pas, Mesdames, Messieurs les négociateurs, de décider seuls d’un sujet aussi grave que celui-ci. Vous n’en avez pas la légitimité.

Jamais dans l’histoire de notre pays et les différentes négociations gouvernementales nos responsables politiques n’auront fait preuve entre eux d’un tel manque de respect et d’une telle irresponsabilité coupable.

Il est grand temps de prendre exemple sur notre population qui aime son pays et respecte son voi- sin!

Le manque de respect et l’irresponsabilité, voilà bien ce que responsables politiques du Nord comme du Sud ont en commun.

Est-ce trop demander à la Flandre que de respecter les minorités francophones ou autres qui sont établies sur son territoire et de faire preuve d’un sens de l’hospitalité un peu plus développé?

Est-ce trop demander aux francophones que de faire l’effort d’apprendre le néerlandais lorsqu’ils habitent en région flamande afin de pouvoir améliorer leur intégration et s’intéresser à la richesse culturelle flamande?

Est-ce trop demander aux néerlandophones et aux francophones que de les inviter à cesser immédiatement ce repli nombriliste et complètement dépassé, ce repli communautaire qui était peut- être d’actualité dans les années 60 mais qui, aujourd’hui, ne correspond plus à ce qu’est devenu notre société ouverte sur le monde.

Vos querelles sont dignes d’un temps révolu!

Bien entendu, je comprends que la Flandre en ait plus qu’assez, non pas des Wallons ou des Bruxellois, mais bien de la manière dont leurs responsables politiques gèrent nos régions.

Comment pourrions-nous être fiers de la Wallonie et de Bruxelles quand on voit l’état dans lequel ces deux régions se trouvent engluées qu’elles sont dans un socialisme prônant l’assistanat et le manque d’ambition?

Comment ne pas comprendre la volonté flamande de mettre un terme à cette politique et à ses dérives? Comment ne pas comprendre le souhait de la Flandre d’opter pour des politiques plus libérales, plus modernes et plus ambitieuses?

Dans la même idée, je comprends les francophones qui souhaitent dépasser les frontières invisibles que certains voudraient créer dans notre pays.

Je comprends les habitants de la périphérie bruxelloise qui souhaitent aussi pouvoir continuer à s’exprimer dans les commerces, dans les administrations communales ou en justice dans leur langue même s’ils habitent en terre flamande.

N’est-ce pas là le droit qui devrait être reconnu à chaque habitant de notre Royaume où qu’il se trouve sur notre territoire?

Ce débat n’est certes pas nouveau mais il est complètement dépassé. Aujourd’hui, il importe de s’adapter à la réalité de notre époque. Regardons la réalité de notre pays: on parle actuellement des centaines de langues différentes en Belgique et je me demande donc si le débat francophones/ néerlandophones a encore un sens à cette heure?

Pour ma part, je ne le crois pas. Il est grand temps de se tourner vers l’avenir.

Pour cette raison, le Parti Populaire peut accepter la scission de l’arrondissement électoral de BHV couplée à la mise en place immédiate de ce que nous appelons la «Brussels Metropolitan Region», à savoir un espace fonctionnel élargi au Brabant, pratiquant le trilinguisme actif - néerlandais, français, anglais - et correspondant à la réalité actuelle de Bruxelles, Capitale de l’Europe et de la région qui l’entoure et qui en vit.

Malheureusement, depuis 123 jours, le fossé entre les citoyens et le monde politique s’est creusé au point de se transformer aujourd’hui en un véritable gouffre.

Etes-vous tous devenus sourds aux attentes de nos concitoyens? Avez-vous oublié que nous avons été élus pour apporter des solutions aux problèmes qui touchent au quotidien de nos citoyens et non pour créer des problèmes supplémentaires?

Ne voyez-vous pas que les Belges aiment leur pays et qu’ils vivent en harmonie les uns avec les autres? Croyez-vous que la population souffre au quotidien à cause des problèmes communautaires? Croyez-vous qu’il s’agisse là d’une priorité?

Non, certainement pas, la population ne voit pas nos différences linguistiques comme un problème, au contraire, les Belges se rendent compte qu’il s’agit là d’une richesse extraordinaire dont nous devrions profiter au lieu de l’utiliser pour nous diviser.

Ce qui intéresse la population, c’est d’avoir un emploi durable, un salaire décent, une qualité de vie, un logement de qualité, des services publics efficaces, de pouvoir vivre en toute sécurité et de pouvoir compter sur nos mécanismes de solidarité.

Cependant, alors que vous vous plaisez à passer votre temps en réunions stériles, pendant que vous faites un énième tour de carrousel, que se passe-t-il? Le pays se paupérise. Bruxelles se tiers-mondise. Les gens ont peur dans la rue. Ils se font voler, insulter, agresser. Les policiers sont victimes de violences inadmissibles. Les commerçants ne peuvent plus exercer leur métier en toute sécurité. Il y a des zones de non-droit un peu partout sur notre territoire où des malfrats règnent en maîtres absolus. Les prisonniers s’évadent de prison. Les criminels ne sont plus punis, faute de places dans les établissements pénitentiaires, faute aussi de bracelets électroniques et la Justice n’est plus en mesure de faire son travail efficacement.

Que dire alors de notre situation économique?

Il y a 1.400.000 Belges qui dépendent de l’ONEM et chaque heure qui passe, ce sont 2 millions d’euros qui viennent s’ajouter à la dette publique.

Messieurs les représentants des partis établis, traditionnels, vous êtes les responsables de cette situation et, jour après jour, votre mauvaise gestion du pays pousse un peu plus notre population dans la pauvreté.

Quand allez-vous enfin vous réveiller et suivre la voie du bon sens? Quand allez-vous enfin écouter la population et son désir majoritaire de préserver l’unité du pays?

J’aimerais que la voix du peuple puisse se faire enfin entendre car il est grand temps de vous réveiller, de trouver un accord pour que nos querelles communautaires cessent et qu’on puisse tous ensemble s’attaquer dès demain au travail de rénovation colossal qui nous attend.

Ne restez plus sourds à la volonté du peuple belge!

 

Je vous remercie. ------

 

Laurent LOUIS

Député fédéral

0477 59 50 68

laurent.louis@partipopulaire.be

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16:47 Écrit par Laurent LOUIS - D | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

chapeau bas

Écrit par : chevreuille | 15/10/2010

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